Manifeste Et Appel Solennel : Pour Un Bouclier Institutionnel Contre Les Féminicides En Algérie
1- Le Manifeste: le silence est un deuxième crime
Pendant que les instances officielles se murent dans un mutisme assourdissant, le sol algérien s’imbibe du sang et des cendres de ses filles. Des femmes sont harcelées, battues, défigurées, aspergées d'essence et brûlées vives au sein même du foyer familial, dans l'indifférence médiatique totale. C'est une réalité révoltante : chaque jour, de multiples drames se produisent sans qu'aucune conférence de presse ni aucune cellule de crise du gouvernement ne viennent briser le silence. Quand les canaux traditionnels se taisent, la seule issue est de faire trembler les institutions d'en haut.
L’absence de statistiques officielles sur ces crimes n'est pas un simple oubli administratif, c'est une stratégie délibérée d'effacement de la réalité. On cache les chiffres pour cacher les corps. On refuse de compter les mortes pour ne pas avoir à punir les coupables. En sociologie, ce qui n'est pas chiffré n'existe pas. Refuser de publier les données, c'est refuser de guérir notre société de sa violence la plus barbare.
Pour comprendre l'urgence, il suffit de regarder les faits récents et documentés :
- à Blida : Une mère de famille de trois enfants, employée d'entretien dans un hôpital, a été aspergée d'essence et brûlée vive par son ex-mari.
- à Chlef (Janvier 2026) : Une jeune fille de seulement 16 ans, prénommée Asma, a été sauvagement égorgée par son époux alors qu’elle avait tenté d'alerter sur les violences qu'elle subissait.
- à Tizi Ouzou : Le calvaire de Ryma Anane, brûlée vive en pleine rue par un prétendant dont elle avait refusé la proposition de mariage.
- Les actes de mutilation : Des crimes d'une cruauté indicible, comme ce boucher qui a littéralement découpé sa fiancée parce qu'elle refusait de l'épouser.
- Le martyre de Chaïma (19 ans) : Enlevée, battue, torturée et brûlée vive, un drame qui a soulevé une vague d'indignation sous le cri et le sous le slogan (PasUneDePlus ), ou encore cette étudiante en journalisme de 22 ans violée et immolée par le frère d'un ami.
Ces actes barbares sont perpétrés sous le couvert fallacieux de « crimes d’honneur », pour le choix personnel de ne pas porter le voile ou de ne pas se couvrir les cheveux, pour le refus d'un mariage forcé ou d'une proposition de mariage rejetée, ou pour masquer la honte d'une grossesse, qu'elle soit consentie ou issue d'un viol traumatique. Plus tragique encore, ces victimes se retrouvent doublement condamnées : isolées par le tabou social, privées d’accès aux soins de santé physique et psychologique indispensables, et abandonnées par la justice.
Sur les réseaux sociaux, les voix des militantes isolées, des citoyennes ordinaires et des citoyens engagés comme moi sont étouffées par les algorithmes. Les algorithmes ne protègent pas des flammes. Nous n'avons pas accès aux médias nationaux, à la presse publique ou à la télévision d'État pour dénoncer ces fléaux sociaux qui impactent lourdement notre vie quotidienne. Seuls, nous sommes invisibles. C'est pourquoi la diaspora, les intellectuels et les forces vives de la nation doivent briser le plafond de verre et interpeller directement celles qui détiennent le pouvoir au sommet de l'État. Il est temps que les femmes qui ont atteint les sommets de l’État algérien cessent d'être des exceptions individuelles pour devenir un bouclier collectif. Pour que notre message ne soit pas ignoré, il doit être d'une précision chirurgicale. Si le pouvoir politique se tait, c'est à l'élite féminine institutionnelle de se lever pour imposer une fatwa contre le féminicide et exiger la vérité des chiffres. Ne laissons pas la prochaine génération brûler dans le silence. Nous appelons à l'union sacrée de l'élite féminine institutionnelle, des magistrates, des officières de l'armée, des gendarmeries, des chirurgiennes et des pionnières de la nation.
2- La Faillite et Le Silence Du Leadership Religieux
Pendant que nos filles brûlent, quelle est l'attitude de notre leadership religieux ? L'Association des Oulémas Musulmans Algériens et les instances religieuses officielles font preuve d'une hypocrisie révoltante. Récemment encore, ces autorités se sont pressées de publier de longs communiqués et de convoquer les médias pour dénoncer avec ferveur une séance de Yoga organisée par l'ambassade de l'Inde au Jardin d'Essai d'Alger à l'occasion de la journée internationale du Yoga. Ils ont accusé cette activité d'être un rite philosophique dangereux menaçant la foi des Algériens, plutôt qu'un simple sport.
Ce comportement de police des mœurs est permanent : qu'il s'agisse d'interdire un film ou de censurer une œuvre d'art pour une simple romance téléphonique, les autorités religieuses déploient une énergie spectaculaire pour traquer des futilités absurdes. Pourtant, face au sang versé, face aux femmes transformées en torches humaines, ces mêmes imams et oulémas observent un mutisme total. Ils refusent de bousculer des dogmes et des decrets religieux vieux de cinq ou dix siècles pour protéger des vies humaines, car dénoncer ces crimes reviendrait à questionner l'intégrité de préceptes archaïques qui valident implicitement la domination masculine.
Cette complicité par le silence est d'autant plus inacceptable que ce leadership religieux est entièrement sur la feuille de paie de l'État. Ces hauts fonctionnaires du culte sont grassement payés par l'argent des contribuables algériens. Ils bénéficient de privilèges exorbitants, de logements de fonction, de voitures de service, d'une protection rapprochée et d'une prise en charge médicale totale au moindre problème de santé. Ils sont protégés, nourris et logés par le peuple, mais ils n'ont pas le courage moral de défendre les citoyennes de ce peuple contre la torture domestique. Ils préfèrent protéger des rituels et des privilèges plutôt que des vies humaines.
3- L'appel ciblé aux hautes dignitaires de la République.
Cet appel s'adresse directement, solennellement et nommément aux femmes les plus puissantes, les plus influentes et les plus respectées de l'appareil d'État algérien. Vous qui détenez le marteau de la justice, l'autorité de l'uniforme, et le scalpel de la vérité, vous devez vous organiser, vous rassembler en un Forum National des Femmes d'Influence d'Algérie / Forum des Hautes Femmes d'État de la République pour protéger la future génération.
Une rectification juridique et historique essentielle s'impose pour garantir la précision chirurgicale de notre démarche : bien que Madame Leïla Aslaoui (81 ans) ne siège plus à la Cour suprême ni à la Cour constitutionnelle actuelle , elle demeure une figure morale historique majeure de notre justice, ancienne ministre et conscience de la nation. Aujourd'hui, les fonctions suprêmes du droit et des institutions sont portées par de nouvelles dirigeantes et figures de premier plan. figures à qui cet appel est également et prioritairement destiné :
▪︎ À Madame Chafika Bensenoussi, Présidente de la Chambre Sociale de la Cour Suprême d'Algérie, détentrice de la plus haute autorité judiciaire civile en exercice.
▪︎ À Madame la Professeure Fatiha Benabbou, éminente constitutionnaliste de premier plan, dont l'expertise juridique éclaire les lois fondamentales de notre République.
▪︎ À Madame Leïla Aslaoui, ancienne ministre, pionnière historique de la magistrature algérienne et survivante courageuse des épreuves de notre histoire.
▪︎ À Madame la Générale Fatima Zohra Ardjoune, Première femme Générale de l’Armée Nationale Populaire (ANP) et de tout le monde arabe, Directrice Générale de l’Hôpital Central de l’Armée de Aïn Naâdja, sommité de la recherche médicale.
▪︎ À Madame la Générale de Division Fatima Boudouani, Haute Officière de l'Armée Nationale Populaire, juriste de formation et figure éminente de l'aviation et des structures légales de la Défense Nationale.
▪︎ À Mesdames les Conseillères et Hautes Magistrates de la Cour Suprême et du Conseil d’État d'Algérie.
▪︎ À Madame la Directrice de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) chargée de la Protection de la Famille, de l'Enfance et des Groupes Vulnerables, ainsi qu'aux Colonelles de la Gendarmerie Nationale.
▪︎ À Mesdames les Présidentes et Membres des Conseils de l’Ordre National des Médecins, ainsi qu'aux Cheffes des Services de Médecine Légale et des Urgences des CHU Mustapha Pacha et d'Oran.
▪︎ À Mesdames les Bâtonnières, Avocates et Membres Élus de l’Union Nationale des Ordres des Avocats (UNOA) et du Barreau d'Alger.
▪︎ À Mesdames les Hautes Officières Pilotes de Chasse et de Ligne de l'armée de l'air et de la flotte nationale.
Objet : Demande d’intercession urgente pour la création du Conseil National des Femmes d'Influence contre les féminicides et pour la transparence statistique
Madame la Haute Magistrate,
Madame la Présidente,
Mesdames les Éminentes Dirigeantes de la Nation,
Mesdames, Éminentes Dirigeantes, Pionnières de la Patrie,
Vous incarnez, par vos parcours exceptionnels et vos fonctions suprêmes, le sommet de l’autorité légale, militaire, sécuritaire et médicale de notre nation. Vous êtes celles qui détiennent le marteau de la justice, l'autorité de l'uniforme, et le scalpel de la vérité. C’est l'urgence absolue d'une situation de vie ou de mort qui m'impose de vous adresser cette lettre. Aujourd’hui, face à la tragédie silencieuse mais dévastatrice qui fauche nos filles, nos sœurs et nos mères, ce manifeste et cette lettre officielle d'une puissance absolue, rédigés dans un français de haut niveau administratif et juridique, sont conçus pour briser définitivement le mur du silence.
Alors que vous occupez les plus hautes responsabilités, une terreur domestique sans précédent décime les citoyennes de ce pays. Chaque jour, des femmes sont battues, violentées, harcelées, défigurées et, de plus en plus fréquemment, aspergées d'essence et brûlées vives par leurs pères, frères ou époux. Ces crimes barbares, commis au nom d'un prétendu « honneur », punissent le refus d'un voile, le rejet d'un mariage forcé, ou le traumatisme d'une grossesse issue d'un viol.
Face à cette horreur quotidienne, les médias nationaux et la télévision publique observent un silence complice. Les conférences de presse sont inexistantes. Les militantes isolées sur les réseaux sociaux n'ont plus la force de porter ce fardeau seules. C'est pourquoi nous nous tournons vers vous. Vous n'avez pas seulement des titres, vous avez le pouvoir d'agir là où nous sommes sans voix. Seuls, nous sommes inaudibles, mais ensemble, sous votre égide, nous devenons une force institutionnelle incontournable. C'est pourquoi nous vous implorons de vous lever, de briser les barrières administratives, et de vous organiser afin de mener de front deux combats vitaux et imposer un changement historique :
1. Le Bouclier Religieux et Moral : Une pression décisive pour un décret d'interdiction (Fatwa)
Nous vous demandons solennellement d’unir vos statuts et d'user de votre immense influence institutionnelle pour contraindre le Haut Conseil Islamique et les instances religieuses nationales à proclamer solennellement un décret religieux (fatwa) clair, ferme, doctrinal et sans équivoque. Les institutions religieuses doivent cesser de gaspiller l'argent public dans des polémiques stériles sur le yoga ou le cinéma et doivent proclamer haut et fort qu'aucun homme n'a le droit de vie, de mort ou de violence sur sa fille ou son épouse. Ce décret doit condamner de manière définitive toute forme de violence domestique, interdire formellement le concept criminel de « crime d'honneur », et rappeler aux citoyens qu’aucun homme, qu’il soit père, frère ou mari, n'a un droit de correction physique ou d'abus sur une femme. La foi et les dogmes ne peuvent plus servir de prétexte à la barbarie : le choix d'une femme de ne pas porter le hijab, de ne pas se couvrir les cheveux, ou de refuser une proposition de mariage doit être respecté. Face à la détresse d'une grossesse ou d'une agression par viol, la société doit apporter la justice, l'accès universel aux soins de santé et la compassion, et non la vengeance par le sang. La justice et les soins médicaux doivent remplacer la vengeance familiale. La vie, la dignité et l'intégrité des citoyennes doivent être consacrées comme sacrées et inviolables par la foi comme par la loi.
2. La Justice par les Chiffres : L'exigence absolue de transparence statistique nationale.
"En Algérie, cacher les chiffres revient à cacher les corps. Pendant que les instances religieuses s'alarment d'une séance de yoga, nos filles meurent transformées en torches humaines dans un mutisme assourdissant. Face à cette faillite morale, c'est à l'élite féminine de l'appareil d'État d'unir ses forces pour briser le silence, exiger la transparence statistique, et dresser un bouclier institutionnel pour sauver la prochaine génération." Amzoun
L’Algérie souffre d’une absence totale de données officielles transparentes et détaillées sur les féminicides et les violences commises contre les femmes. En tant que sociologue, je réaffirme avec force qu'aucun projet de recherche, aucune politique publique de prévention, aucun budget de protection, aucun projet de développement et aucune décision judiciaire d'envergure ne pourront voir le jour sans données scientifiques et objectives fiables. Ce qui n'est pas chiffré reste invisible. Nous vous demandons d'user de votre autorité pour exiger que l’Office National des Statistiques (ONS), la DGSN, la Gendarmerie Nationale, le Ministère de la Santé et les institutions hospitalières publiques publient des registres rigoureux, scientifiques et transparents. Nous devons savoir précisément chaque année combien de femmes sont tuées, torturées, brûlées vives, paralysées, handicapées, désactivées ou menacées par des membres de leur famille. Ces statistiques sont fondamentales pour toute décision et tout projet d'avenir.
Mesdames, l'histoire vous regarde. Le peuple algérien a vu ses femmes être les piliers de sa révolution historique et de sa libération. Aujourd'hui, la nouvelle génération a besoin de votre protection collective. Ne permettez pas que les filles de la nouvelle génération meurent calcinées dans l'indifférence générale. Par vos noms, par vos grades, et par l'autorité suprême que la République vous a confiée, unissez vos fonctions, vos grades et vos voix. Devenez le rempart institutionnel indéboulonnable qui lavera la honte de ces crimes et garantira à chaque Algérienne le droit de vivre libre, protégée, et respectée sous le ciel de notre pays.
Nous avons foi en votre courage, en votre droiture et en votre justice.
Dans l'attente d'une action historique de votre part, je vous prie d'agréer, Mesdames, l'expression de ma très haute et respectueuse considération.
Amzoun, le 9 juillet, 2026Agronome, Sociologue et Nutritionniste.© amzoun 2026 all rights reserved

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