Manifeste pour la République : Pour l'interdiction des marqueurs de guerre

Manifeste pour la République : Pour l'interdiction des marqueurs de guerre

Par Amzoun, Enfant de l'Algérie, Agronome, Sociologue, Nutritionniste & Influenceur

Je m'adresse à vous aujourd'hui en tant qu'enfant de cette terre, né, grandi et formé par l'école algérienne. Bien que je vive aujourd'hui sur un autre continent, aux États-Unis, le cordon ombilical qui me lie à ma nation n'a jamais été rompu. C’est cet attachement viscéral et mon devoir moral qui m’imposent aujourd’hui de rompre le silence.

En tant qu'Agronome, Sociologue, Nutritionniste et Influenceur sur les réseaux sociaux, ayant disséqué l'organisme algérien pendant 25 ans, je pose un diagnostic d'urgence aux autorités de mon pays, à ses élites et à chaque citoyen qui porte encore dans sa chair les cicatrices de la tragédie nationale : notre espace public est en train d'être réinfecté par les marqueurs visuels du terrorisme.
Je m'adresse à ces hommes à la barbe longue, négligée et non taillée, et à travers eux, à tous ceux qui portent les marqueurs visuels de la haine. Écoutez bien ce que le fils de cette nation, le sociologue et le survivant ont à vous dire :

1. La barbe n'est pas un style, c'est un uniforme de combat
Ne vous cachez pas derrière le Prophète pour justifier votre apparence. Cette barbe longue, négligée et non taillée est un marqueur sémiotique. C’est l'uniforme du FIS et du GIA, celui-là même qui, en 1991, a déclaré le "Djihad" contre la République. Porter ce marqueur aujourd'hui, c'est brandir le drapeau des massacres de la Décennie Noire. C'est une insulte permanente aux 200 000 morts, aux milliers d'orphelins, de veuves et de déplacés.

Quand vous déambulez fièrement dans les rues, quand vous pénétrez dans les bâtiments gouvernementaux, les édifices institutionnels ou quand vous apparaissez à la télévision, vous ne portez pas la foi ; vous portez le drapeau d'un massacre. Sachez que ceux qui posaient des bombes et qui assassinaient nos professeurs d'université, nos médecins, nos instituteurs et nos officiers de police, n'étaient pas des hommes rasés de près. Ils arboraient exactement ces mêmes marqueurs. Ils ont versé le sang de l'élite intellectuelle au nom de leur idéologie.

2. Le traumatisme des victimes face à l'arrogance radicale
Comment pouvons-nous accepter que les familles de nos soldats, de nos gendarmes et de nos policiers — ces héros qui ont payé de leur sang pour que l'Algérie reste debout — croisent chaque jour ces visages qui ressemblent point par point à leurs bourreaux ? C'est une agression psychologique. Aujourd'hui, ces radicaux s'installent fièrement dans nos banques, créent des restaurants avec des compartiments fermés (cabines privées) pour leurs femmes en niqab noir, imposant une ségrégation qui défie nos lois. Ils saturent nos écrans et nos réseaux sociaux, transformant une idéologie de mort en une "tendance" moderne.

3. Votre fausse équivalence est un mensonge
Vous prétendez que votre apparence est un choix personnel que nous ne devrions pas juger. C’est un mensonge. La barbe longue, négligée et non taillée a une histoire écrite avec du sang dans ce pays. Vous l'utilisez pour intimider, pour vous sentir supérieurs et pour vous séparer de la "République". Ce marqueur visuel est un outil d'intimidation qui rappelle les heures les plus sombres de notre histoire.

4. Une allégeance contre la Nation
Il y a une différence fondamentale entre nous : j'ai prêté allégeance à la Loi et à la Constitution de l'Algérie. Vous, avec vos marqueurs, vous prêtez allégeance à un dogme. Votre emblème est le slogan : "Il n'y a de Dieu qu'Allah et Mohammed est son messager". C'est exactement le même slogan que l'on retrouve sur les drapeaux de Daech, d'ISIS et du GIA.

Vous ne croyez pas aux frontières de l'indépendance de 1962, vous croyez au Khalifat et à la "Oumma", pas à la nation algérienne. Ce choix esthétique est une soumission totale à un dogme qui rejette l'idée même de citoyenneté. C'est un déni de notre indépendance.

Pour vous, celui qui se rase est un "Fasiq" (un débauché/transgresseur). Comment osez-vous traiter de "Fasiq" celui qui se rase, alors que des milliers d'hommes sans barbe servent ce pays et combattent pour lui au sein de l'ANP, de la Gendarmerie, de la Police, et dans chaque ministère, chaque hôpital, chaque caserne de pompiers ? Comment osez-vous insulter ces fonctionnaires et ces médecins qui font fonctionner l'État ? De la même manière, ceux qui portent ces mêmes marqueurs visuels traitent aussi chaque femme qui ne porte pas le voile de "Mutabarija" (ostentatoire) ou de "Ariya" (dénudée). Comment osez-vous, alors que des milliers de femmes servent courageusement sans voile dans l'armée, la police, la gendarmerie, la protection civile et le corps médical pour protéger cette nation et servir la République Algérienne ? Vous méprisez l'ordre républicain pour sanctifier la rigidité.

5. Mon appel aux autorités : Imposer la neutralité républicaine
Pour rendre hommage aux intellectuels égorgés, aux professeurs assassinés et à nos troupes sacrifiées, l'État doit agir. Le gouvernement doit instaurer un plan de neutralité visuelle dans tous les espaces publics, les écoles, les hôpitaux et les bâtiments officiels :

Interdiction des marqueurs radicaux : Imposer le rasage de près ou une barbe propre et taillée (style républicain) pour tout accès aux fonctions publiques.

Protection de l'espace commun : Faire de ces marqueurs de guerre des signes illégaux dans les institutions de la République, au même titre que tout uniforme de milice.

Restauration de la dignité : Ne plus laisser le fanatisme défier le sang de nos martyrs dans nos propres rues.

6. Conclusion
Vous ne suivez pas un rituel religieux ; vous êtes piégés dans une rigidité rituelle. Vous êtes des déclencheurs de traumatisme ambulant pour les victimes de la Décennie Noire. Vous voulez qu'on respecte votre "apparence" alors que votre apparence manque de respect aux 500 000 morts et au traumatisme de chaque famille algérienne.

Mon diagnostic est sans appel :
Laisser ces marqueurs proliférer, c'est laisser la nécrose de 1990 gagner la guerre par l'image. On ne peut pas construire une démocratie avec les visages de ceux qui l'ont brûlée. Il est temps que l'Algérie retrouve son visage : celui d'une république moderne, rasée de près, fière et libérée du virus de la rigidité rituelle.

À tous ceux qui portent ces marqueurs visuels pour ressembler aux criminels et aux assassins de la Décennie Noire ; à tous ceux qui prêtent allégeance à une autre loi que celle de la Constitution algérienne ; à tous ceux qui croient au Khalifat et à la Oumma au mépris de nos frontières et de notre nation ; à tous ceux qui préfèrent le drapeau de Daech et du GIA au drapeau de l'Algérie :Islamique vous dis " : " Doko 3adab Allah wa Tamanaw al mawta inkountoum Sadikines."
Vive l'Algérie  Républicaine.

Amzoun. Fais le 19 février,  2026
Agronome, Sociologue & Nutritionniste
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