L’État n’est pas une Mosquée


 L’État n’est pas une Mosquée

Nous faisons face à un dilemme profond qui touche au cœur même de ce que signifie être Algérien aujourd'hui. On tente de nous intimider en utilisant la Constitution comme un bouclier pour l'obscurantisme. Mais il est temps de briser ce silence.

Quand ces radicaux nous disent : « L'Islam est la religion de l'État, donc l'État doit m'obéir », ils utilisent un piège grossier. C’est un sophisme juridique. Dans notre Constitution, l'Article 2 signifie que l'État protège nos valeurs et notre patrimoine, pas qu'il délègue son pouvoir de police à des individus qui s'improvisent juges de nos vies. L'État est une entité morale, il ne prie pas, il ne rendra pas de comptes après la mort. Ce sont les citoyens qui sont musulmans, et la loi garantit notre égalité à tous, que nous portions une cravate, un bleu de travail ou un uniforme.

Regardez ces hommes qui déambulent dans nos rues. Je veux leur dire : votre barbe sans moustache et votre qamis court ne sont pas des vêtements algériens. Ce n'est pas notre histoire.

Souvenez-vous de nos grands-pères. Je revois ces hommes en burnous de laine, ces hommes en costumes classiques, la chechia posée avec fierté. Pour eux, la foi était une pudeur, un secret sacré entre l'homme et son Créateur. C’était une piété de l’âme, pas une démonstration de force. Ils ne rasaient pas leur moustache pour arborer cette barbe hirsute qui ne connaît ni le sourire, ni la nuance.

Soyons honnêtes : ce look que vous imposez n’est pas de la piété, c’est une sécession visuelle. En refusant l'élégance de nos ancêtres et la tenue de la République, vous affichez votre allégeance à une Oumma lointaine, à un califat imaginaire, plutôt qu'à la Patrie algérienne. Vous portez un habit d’importation, l’uniforme d’une armée invisible qui méprise nos frontières et nos lois.


Vous dites défendre l'Islam, mais de quel État parlez-vous ? Celui que nos martyrs ont libéré pour que nous soyons des citoyens debout, ou celui que vous rêvez de bâtir sur les cendres de nos libertés ? L’Article 2 n'est pas un mandat pour que vous deveniez les policiers de nos mœurs, les juges de nos femmes ou les censeurs de nos écoles.

Vous terrorisez l’intellectuel, vous stigmatisez la femme qui refuse votre voile, vous bannissez la musique et l'art qui sont le sang de ce pays. Ce n'est pas de la religion, c'est de l'intimidation. C'est un sabotage de nos institutions. Quand vous refusez de servir un couple au restaurant ou que vous harcelez une petite fille pour sa tenue à l'école, vous ne servez pas Dieu. Vous servez une idéologie étrangère. Vous avez troqué la lumière de l'Algérie contre la rigidité d’un désert qui n'est pas le nôtre.

Il est temps que nous disions la vérité : votre barbe est une frontière que vous tracez entre vous et le peuple. Votre qamis est une déclaration de rupture. L’Algérie est une Nation, pas un Califat. Elle a une histoire millénaire, et elle refuse de se laisser effacer par votre chaos.

Amzoun, fait le 22 Février 2026

Agronome, Sociologue & Nutritionniste

Influenceur

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